Se laisser traverser
La crinière au vent, le pas chaloupé, les muscles saillants, il s'avance et rugit devant son parterre de fans, déjà conquis. En une heure quinze de show, il aura joué de ses atouts virils, parcouru la scène sur une fine ligne entre comique et authentique. Toujours avec classe, il se sera déhanché pour lâcher les chiens et nous livrer un spectacle à son image. Sublimant les contrastes. Autour de moi, toutes les femmes ont dansé, hurlé, chanté, tapé des mains et des pieds. Elles, aussi, se seront lâchées avec une joie non contenue. Les enfants alentours les ont imité ou les ont entraîné. Bref, la gente féminine et enfantine s'est amusée. Reste quelques pilones masculins, droits, durs, solides. Qui ont timidement secoué des épaules, souri voire applaudis quand il le fallait. Je les observe dans l'obscurité qui nous cachent tous les uns des autres, et dans cette marée de notes, en eux, le ciment a fait corps. Reste ce jeune adolescent en face de moi, entouré de sa tante, s...







